La compagnie
Le Pavillon réunit trente-six personnes autour d’une table, quelques fois par an, chez quelqu’un qui reçoit — une maison de vin, une galerie, un atelier, un chef.
On y dîne, on y visite, on y apprend une chose. On n’y fait pas d’affaires.
Le mot
Un pavillon, c’est ce qu’on hisse pour dire qu’on est là. Il ne s’annonce pas : il se montre, et seulement à qui se trouve déjà dans la rade.
La doctrine de la compagnie tient dans ce mot, et c’est pour cela qu’il a été choisi.
Le nombre
Trente-six, c’est six fois six.La compagnie est le carré de sa table.
Six est la table juste : la seule où tout le monde parle à tout le monde, et l’on en repart en ayant vraiment rencontré cinq personnes. Trente-six n’est pas un nombre choisi puis justifié — c’est cette table élevée au carré.
Et pour qui creuse : trente-six est la somme des cubes de un, deux et trois ; c’est aussi le premier nombre après un à être à la fois carré et triangulaire — le suivant est mille deux cent vingt-cinq.
Trente-six, ou la soirée n’a pas lieu.
La table du soir
Elle est annoncée avec l’invitation, et l’on se recompose au dessert : deux placements dans la soirée, dix personnes rencontrées pour de bon au lieu de cinq.
La table se choisit d’après le lieu, jamais l’inverse. Et elle ne porte pas de nom : la table de ce soir est de six.
La cadence
Quatre réceptions par an au moins — quatre est le plancher, jamais le plafond. Une réception par tranche de dix-huit sociétaires, ce qui garantit à chacun deux soirées dans l’année, exactement.